Stratégie Covid-19 chez Carrefour: suivi des contacts et tests rapides

Carrefour a développé une stratégie de lutte contre la propagation du coronavirus dès le début de la pandémie. Une nécessité, pour une entreprise de 10.000 salariés (ainsi qu’un certain nombre d’indépendants) et près de 800 magasins. Le système interne de suivi des contacts est en place depuis janvier 2020 et le test rapide fait, depuis peu, aussi partie de la stratégie.

Approche
Le suivi des contacts chez Carrefour est assuré par un help desk qui se base sur les protocoles de Sciensano pour vérifier si les travailleurs ont eu un contact à haut risque ou à faible risque. Depuis son lancement, environ 18.000 dossiers ont été établis et 2.984 collaborateurs ont été placés préventivement en quarantaine. La permanence est assurée par des collaborateurs du service interne et des médecins du travail du service externe. Quand le help desk reçoit un e-mail d’un travailleur, il crée un dossier (contact à faible risque, test positif d’un membre du foyer,…). L’équipe de suivi décide s’il faut téléphoner au travailleur ou non. À ce jour, le suivi des contacts a été effectué pour 3.459 dossiers. Le système permet une détection rapide des clusters, de même qu’une identification aisée des personnes infectées ou ayant eu un contact à risque (élevé ou faible). La gravité détermine les mesures à prendre (par ex. test rapide).

Tests rapides
Vers novembre 2020, quand les variants plus contagieux sont devenus plus fréquents, des tests rapides sont venus compléter la stratégie Covid-19 de Carrefour. Il ne s’agit pas d’une approche large ni à long terme, mais d’une approche ciblée. Le médecin du travail décide de la nécessité de faire passer un test sur la base du protocole Sciensano, de la taille du cluster et de plusieurs autres indicateurs issus de l’examen. Les tests rapides sont uniquement appliqués aux contacts à faible risque. Les contacts à haut risque sont systématiquement placés en quarantaine. En fonction des résultats et des éventuelles nouvelles infections détectées, des séances supplémentaires de tests rapides peuvent être décidées. Comme le stipule la législation, les tests ne sont pas obligatoires, mais environ 95% des personnes qui se le voient proposer acceptent de s’y soumettre. Un comité PPT spécial se réunit pour donner un avis préalable à la réalisation des tests rapides. Le test rapide offre une grande fiabilité en cas de résultat positif. Par contre, un résultat négatif n’exclut pas qu’un travailleur soit contaminé. Ces tests aident cependant à maîtriser l’anxiété liée au Covid-19, à rassurer les travailleurs et à leur montrer que l’organisation fait son possible pour les protéger.

Impact
Entre le 1er mars 2020 et le 28 février 2021, l’incidence moyenne sur 14 jours en Belgique s’élevait à 240. L’incidence dans le secteur du commerce de détail (288) était moins élevée que dans la population active (313) et ce, malgré les nombreux contacts potentiels propre à ce secteur. L’incidence chez Carrefour était encore meilleure: 225. Sur toute la période (jusqu’au 31 mars 2021), 2.984 travailleurs ont été mis en quarantaine chez Carrefour. En 2020, cependant, l’absentéisme était inférieur de 0,5% par rapport à 2019 (pour dissiper tout malentendu, les jours de quarantaine en 2020 ont d’ailleurs été pris en compte dans le calcul de l’absentéisme). Grâce à cette stratégie, l’entreprise est donc parvenue à maintenir ses collaborateurs au travail, sans que l’absentéisme ne connaisse une nette augmentation. Le coût du système de suivi des contacts, y compris celui des tests rapides, est peu élevé comparé aux coûts liés au respect des règles ‘covid-19’ générales (gants, programmes de nettoyage étendus, vigiles supplémentaires…).

Sensibilisation
Un test rapide peut donner un faux sentiment de sécurité. Pour éviter un relâchement de l’attention portée aux mesures de prévention générales, Carrefour a décidé de lancer une campagne de sensibilisation. L’objectif est de rappeler aux travailleurs (et aux clients) qu’on peut être porteur sans être malade (même si on a été vacciné ou qu’on a déjà eu la Covid-19) et qu’on peut toujours contaminer d’autres personnes. La campagne utilise tous les canaux existants: alertes e-mail, radio, écrans vidéo, affiches (y compris destinées aux clients) et briefings.

Basé sur une interview avec Luc Cooman, directeur Health, Safety & Risk management chez Carrefour, le mercredi 31 mars 2021

: preventActua 08/2021