Risque minime de légionelles dans les fluides de coupe aqueux

Les fluides de coupe sont utilisés pour lubrifier, refroidir et protéger les pièces métalliques de l’oxydation lors de l’usinage des métaux à l’aide d’un outil coupant (tournage, fraisage, forage, meulage, emboutissage, laminage,…). Ils permettent d’augmenter la durée de vie des outils (en limitant leur usure) et/ou d’augmenter la productivité des opérations (en agissant chimiquement sur le métal).

Les huiles entières (straight oils) sont utilisées principalement pour leur propriété lubrifiante et les fluides aqueux (water-based metalworking fluids) pour leur qualité de refroidissement des pièces en métallurgie. Les fluides aqueux contiennent souvent des additifs bactéricides, destinés notamment à éviter la formation de légionelles quand ces fluides stagnent après avoir été chauffés.

En 1981, une usine Ford au Canada a été confrontée à une importante contamination à la légionelle. Lors de cet épisode, plus de 300 travailleurs ont été contaminés par la bactérie après que l’usine ait été à l’arrêt pendant une semaine à la suite d’un problème technique. La source de la contamination était les fluides de coupe. 
L’Agence britannique pour la santé et la sécurité (HSE - Health and Safety Executive), qui voulait savoir si une contamination de ce type était encore envisageable aujourd’hui, a fait effectuer plusieurs tests. Le premier test vérifiait si les légionelles pouvaient survivre dans différentes sortes de fluides de coupe. Le but de la deuxième expérience était identique, mais elle se concentrait cette fois sur les amibes nécessaires au développement des légionelles. La troisième expérience comparait la quantité de légionelles dans les fluides de coupe et l’eau potable.

Les expériences réalisées démontrent qu’il n’y a qu’un peu plus de légionelles dans les fluides de coupe que dans l’eau potable. En outre, 99,99% des légionelles introduites dans les fluides de coupe sont éliminées dans les quatre heures. Le taux d’amibes survivant à l’expérience est légèrement plus élevé, mais cela est vraisemblablement dû à la composition chimique du fluide. Les additifs antibactériens semblent donc être efficaces. HSE conclut donc que le risque de contamination à la légionelle via les fluides de coupe aqueux est minime. 

: PreventActua 06/2012