Opinion: Que peuvent faire les entreprises contre la propagation de la Covid-19?

Au printemps 2020, la croissance du nombre de contaminations au coronavirus a pu être maîtrisée par un confinement généralisé. L’assouplissement rapide des mesures a entraîné un faux sentiment de sécurité. Alors que le nombre de contaminations augmente à nouveau aujourd’hui, il ne semble plus possible d’adopter la même approche que lors la première vague. Que doivent faire les entreprises?

Mesures rapides
Lorsqu’il est devenu évident que notre pays était lui aussi confronté à une épidémie du virus SARS-CoV-2, les autorités belges ont réagi, tout compte fait assez rapidement, en prenant des mesures concrètes: interdiction des réunions physiques non essentielles, télétravail obligatoire dans la mesure du possible, assouplissement et extension du système de force majeure temporaire, et obligation de la distanciation sociale. Ces mesures ont effectivement permis de stopper l’augmentation exponentielle du nombre de contaminations. La plupart des entreprises sont également parvenues, parfois après quelques hésitations, à prendre les bonnes décisions. Très rapidement, elles ont instauré des méthodes de travail innovantes, avec des “correctifs” qui leur permettaient de poursuivre la prestation de services autrement, mais de manière sûre et efficace.

Assouplissements
Mais une fois la vague de contaminations apparemment passée, le pays a poussé un soupir collectif de soulagement et s’est assez rapidement relâché. Bon nombre d’entreprises se sont empressées de reprendre leurs activités normalement, malgré les conseils antérieurs d’experts selon lesquels il fallait considérer la situation à long terme. Une première recrudescence du nombre de cas confirmés de Covid-19 a été constatée en août et septembre, mais elle n’était due, disait-on, qu’à une amélioration du suivi et de l’identification des contaminations, dont le nombre restait limité.

Pas prêts pour une deuxième vague
Nous savons aujourd’hui que nous nous dirigeons bel et bien vers une deuxième vague. Or, il s’avère que nous ne sommes pas prêts pour un nouveau sprint, et encore moins pour le marathon que nous sommes en train de disputer. Les autorités n’osent pas ou ne peuvent pas prendre de nouvelles mesures drastiques, et ont du mal à susciter l’adhésion parmi la population. Les gens sont fatigués d’applaudir et grognent derrière leurs masques. De plus, les moyens qui ont permis à la plupart des entreprises de surmonter la première crise semblent ne plus tenir qu’à un fil. Les travailleurs sont prêts à travailler quelques semaines sur leur table de salon, mais que diront-ils s’ils doivent continuer à le faire au moins jusqu’au printemps prochain?

Se remettre autour de la table
La seule solution durable pour les entreprises, si elles ne l’ont pas déjà fait, est donc de se remettre autour de la table (virtuelle) et de réétudier les activités à la loupe. Comment élaborer un plan de continuité des activités qui fonctionnera sur le long terme – quelles que soient les éventuelles nouvelles mesures imposées par les autorités – et qui sera également soutenu par les travailleurs? Quelles solutions offriront une plus-value au-delà de la nouvelle vague de contaminations? Le télétravail structurel pourrait être une option, s’il s’accompagne d’une politique détaillée et d’équipements de travail ergonomiques adaptés pour les travailleurs. Peut-être s’est-il avéré que certaines réunions se déroulaient beaucoup plus efficacement via Zoom ou Teams par exemple, voire qu’elles étaient tout bonnement superflues. Peut-être pourrait-on aménager les espaces de bureaux tout à fait autrement, non seulement pour éliminer tout risque lié au coronavirus, mais aussi pour en faire des lieux de travail plus agréables que les postes de travail flexibles actuels, bruyants et chaotiques. Quelles décisions peut-on ou doit-on prendre aujourd’hui pour subsister l’an prochain?

Ce n’est pas fini…
Si vous ne l’aviez toujours pas compris: nous n’en avons pas encore fini avec le coronavirus. Selon toute vraisemblance, le nombre de contaminations va continuer à augmenter, en dépit de toutes les directives ou obligations qui seront décidées ou non. Il n’y aura probablement pas de vaccin sûr et efficace pour la fin de cette année, ni peut-être même pour le printemps prochain. La seule option pour les entreprises est de s’en faire une raison, et de définir une politique structurelle qui fonctionne également sur le long terme et qui est soutenue par les travailleurs.

À propos de l’auteur: Spécialisé en médecine du travail, Edelhart Kempeneers est actuellement directeur médical chez Attentia.

 

: preventMail 33/2020