Maîtriser les techniques de réanimation et sauver des vies

Peu savent comment intervenir lorsqu’ils sont témoins d’un arrêt cardiaque ou d’une autre affection pouvant être fatale. Marleen, elle, sait. La formation en techniques de réanimation qu’elle a suivi lui a déjà permis de sauver deux vies. 

16 juillet 2010
Il règne une chaleur étouffante depuis plusieurs jours. Ce jour-là, le thermomètre dépasse les 30°C. Quand Luc arrive à la gare de Dendermonde, le quai est déjà noir de monde. Il est en train de descendre l’escalier qui mène au passage souterrain quand il s’effondre tout à coup.
Un attroupement se forme immédiatement autour de lui. Tout le monde a un avis sur la question. Certains pensent qu’il fait une crise d’épilepsie. Quelqu’un a le réflexe d’appeler les services de secours. Pour le reste, personne n’intervient.
C’est alors que Marleen, qui vient de descendre du train avec son fils, voit Luc allongé par terre. Elle n’hésite pas une seconde. Percevant immédiatement la gravité de la situation, elle demande aux badauds de s’écarter un peu. Le chef de gare arrive, accompagné d’un autre membre du personnel de la SNCB. Pendant que ce dernier tient les curieux à distance, Marleen et le chef de gare commencent la réanimation.
Marleen donne des instructions au chef de gare. Elle sait ce qu’il faut faire.
Lorsque les services de secours arrivent, ils constatent que la situation est sous contrôle. "Vous faites du bon travail, Madame,” disent-ils à Marleen, en lui demandant de continuer un moment, le temps d’installer leur matériel. Quelques instants plus tard, ils prennent le relais et poursuivent la réanimation. L’hôpital de Dendermonde, où Luc a été transporté, le fait transférer d’urgence par air à Alost.

29 septembre 2015
Luc et Marleen sont restés en contact. Ils se sont revus plusieurs fois.
Marleen: “J’ai suivi deux fois la formation de base de secouriste et, chaque année, je suis 4 heures de recyclage. L’année prochaine, je dois à nouveau suivre la formation de base. J’ai toujours été très attirée par le secourisme. A 15 ans, j’étais déjà à la Croix-Rouge. Quand je vois une personne qui nécessite des soins urgents, j’essaie toujours d’apporter mon aide”.
En novembre 2009, elle a ranimé un homme âgé avec l’aide d’un collègue. Luc n’est donc pas la première personne qui doit la vie à Marleen.
“Le fait d’avoir déjà ranimé quelqu’un m’a permis de garder mon calme”, raconte Marleen. “Le cours de recyclage est aussi important. Grâce à cette formation annuelle, on sait très bien ce qu’on doit faire, même si les techniques de réanimation évoluent. Aujourd’hui, la norme est de 30 massages cardiaques et 2 respirations, ce qui n’a pas toujours été le cas”.

Marleen a cherché à chaque fois à savoir comment les victimes se portaient. “Lorsqu’on sauve la vie de quelqu’un, il est assez logique qu’on veuille aussi savoir comment il va par la suite. Je suis restée en contact avec eux. La réanimation crée une sorte de lien entre les gens.
Normalement, on reste anonyme, mais si les victimes le souhaitent, elles peuvent entrer en contact avec leur sauveteur. Et cela fait plaisir! C’est en effet pour pouvoir aider les gens qu’on suit cette formation. Lorsque les services de secours m’ont dit que je faisais du bon travail, ça m’a rendue beaucoup plus confiante. Ce genre de choses aide vraiment à digérer ces moments très intenses.”

Quelques conseils à donner?
Suivez une formation de secouriste! Ce que vous y apprendrez pourra vous être utile partout. Au travail, mais aussi à la maison et à tous les autres endroits où vous vous rendez.
Si quelqu’un nécessite des soins d’urgence, demandez à un témoin d’appeler les secours et précisez les informations qu’il doit fournir.
La victime fait un arrêt cardiaque? Envoyez chercher un DEA pendant que vous commencez la réanimation.
 

: PreventActio 10/2015