L’apnée du sommeil chez les chauffeurs de poids lourds

Une enquête menée par la Katholieke Hogeschool Kempen (KHK - Haute école catholique de Campine) L’étude de la "Katholieke Hogeschool Kempen" sur l’apnée du sommeil chez les chauffeurs de poids lourds en Campine 2004-2008 est basée sur l’analyse des habitudes alimentaires, du niveau d’activité physique et d’une étude du sommeil. Elle contient une évaluation des conseils préventifs et thérapeutiques fournis. auprès de 289 chauffeurs de poids lourds montre que cette profession est plus que toute autre exposée au risque d’apnée du sommeil. Cette affection favorise notamment la fatigue et la somnolence pendant la journée, ce qui peut avoir des répercussions désastreuses pour une personne qui passe sa journée derrière un volant.

Objectifs de l’enquête
Les chercheurs de la KHK ont interrogé 289 chauffeurs de poids lourds via le service externe Idewe de Turnhout afin de mieux connaître leurs habitudes alimentaires, leurs activités physiques et leur sommeil. Certains chauffeurs ont même demandé à bénéficier d’un accompagnement dans la mesure où leurs conditions de travail spécifiques sont peu propices à un mode de vie sain et entraînent des problèmes de surpoids et d’obésité. Les chercheurs ont établi le lien avec l’apnée du sommeil et se sont également efforcés de déterminer dans quelle mesure les chauffeurs ont conscience de leurs comportements alimentaires et s’ils souhaitent bénéficier de conseils liés aux problèmes d’obésité (et si oui, sous quelle forme?).

Confirmation des attentes
Les résultats de l’enquête indiquent que 26,4% des chauffeurs interrogés présentent un indice de masse corporelle (IMC) "normal" (inférieur à 25), tandis que 45,1% sont en surpoids (IMC compris entre 25 et 29,99) et 28,5% souffrent d’obésité (IMC égal ou supérieur à 30). En conséquence, 73,6% devraient perdre du poids, un chiffre non négligeable si l’on établit un parallèle avec les autres catégories de population. Il ressort en effet d’une évaluation de santé menée par l’Idewe en 2004 que 44,3% des travailleurs masculins ont un IMC inférieur à 24,99 et que 39,7% souffrent de surpoids (entre 25 et 29,99). À peine 16% des personnes visées par cette évaluation sont obèses (voir graphique).

Graphique : Comparaison de l’IMC des chauffeurs de poids lourds avec d’autres travailleurs (enquête d’Idewe)



Les chauffeurs de poids lourds et l’apnée du sommeil
Des études menées par le passé ont démontré que les personnes présentant un IMC supérieur à 30 sont plus susceptibles de ronfler (ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie conjugale) et de s’arrêter de respirer pendant leur sommeil. C’est ce dernier symptôme que l’on nomme "apnée du sommeil". En cas d’apnée grave, les personnes touchées sont davantage sujettes à la fatigue en journée (avec tous les risques d’accident que cela implique), à l’hypertension artérielle, au diabète, aux infarctus et aux attaques d’apoplexie.

Sur les 289 chauffeurs interrogés, 55,4% affirment ronfler. De plus, selon leurs partenaires, 13,8% d’entre eux s’arrêtent régulièrement de respirer pendant leur sommeil. Enfin, 11% déclarent se sentir plus fatigués en journée.

Étude du sommeil
Dans un second temps, 60 chauffeurs ont accepté de se soumettre à une étude du sommeil. Les chercheurs ont sélectionné 36 chauffeurs présentant un risque élevé d’apnée du sommeil (IMC supérieur à 30 et fatigue accrue) et 24 autres présentant un faible risque. L’étude du sommeil a démontré que 35% d’entre eux souffraient bel et bien d’apnée du sommeil, dont 13,3% d’une forme aigüe (20 arrêts de la respiration ou plus pendant le sommeil). La moitié des 36 chauffeurs présentant un risque élevé souffraient d’apnée du sommeil, une proportion ramenée à "seulement" 12,5% pour les 24 chauffeurs présentant un faible risque. Si l’on applique ces résultats aux 289 chauffeurs qui composent le groupe cible, on constate que 9,5% des chauffeurs de poids lourds souffrent d’une forme aigüe d’apnée du sommeil, contre 4% pour la population masculine adulte en général. Les risques auxquels sont exposés les chauffeurs de poids lourds sont donc plus élevés.

Activité physique et alimentation
La prévention de la maladie passe par l’activité physique et une alimentation saine afin de ramener le périmètre abdominal (moins de 102 cm ou, encore mieux, moins de 94 cm) et l’IMC (moins de 25) dans des proportions raisonnables. L’enquête démontre que 65% des chauffeurs interrogés ne font pas suffisamment d’activité physique Selon le VIGEZ, l’Institut flamand pour la promotion de la santé et la prévention des maladies, pour être en bonne santé, les adultes devraient exercer une activité physique quotidienne d’au moins 30 minutes. Cet exercice peut être réparti sur la journée, avec un minimum de dix minutes par séance d’exercice. La durée et l’intensité de l’exercice peuvent varier : 30 minutes de promenade ou de vélo équivalent à 15 minutes de course à pied. Une sortie à vélo de trente minutes peut également être remplacée par deux séances quotidiennes de 15 minutes (pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail par exemple).. De plus, si l’on compare les habitudes alimentaires des chauffeurs avec celles de la population adulte masculine en général, on constate d’importantes différences.
Les chauffeurs:
- mangent moins souvent en fonction d’horaires réguliers;
- mangent trop de viande et trop peu de poisson;
- ne prennent pas suffisamment de boissons non sucrées;
- consomment moins de produits laitiers au jour le jour;
- semblent consommer moins de graisses et de sauces.
Par ailleurs, 33% des chauffeurs sondés admettent qu’ils ne mangent pas sainement, un chiffre qui s’élève à 48% chez les chauffeurs souffrant d’obésité. Un peu plus de la moitié d’entre eux (56,6%) estiment que le métier constitue un obstacle à une alimentation saine et 53,8% souhaiteraient obtenir des conseils spécifiques via une brochure ou une revue (63% chez les personnes obèses).

Des objectifs réalistes
Lors de la troisième et dernière phase de l’étude, 27 chauffeurs présentant un risque élevé d’apnée du sommeil ont bénéficié d’un accompagnement spécialisé pendant quatre mois afin d’améliorer leur condition physique et leurs habitudes alimentaires (objectif fixé: perte de poids de 5% ou baisse de 5 cm du périmètre abdominal). Un peu plus d’un quart (26%) des participants ont réussi à perdre 5% de leur poids et 37% à diminuer leur périmètre abdominal de 5 cm.
Respecter les consignes et les recommandations en matière d’alimentation et d’exercice physique a été fort difficile. Les intéressés l’expliquent par différents éléments influençant leur alimentation: les périodes de repos ne correspondent pas aux heures de repas; les chauffeurs subissent beaucoup de stress et de pression dans le cadre de leur travail; les relais routiers offrent peu de repas sains et ceux-ci sont généralement très coûteux; ils grignotent des bonbons par ennui ou oublient tout simplement les recommandations qu’ils doivent suivre. En revanche, ils citent plusieurs conseils qu’ils ont jugés très utiles: se munir d’une bouteille d’eau en cabine; emporter des légumes; choisir des plats sans sauce; grignoter des krisprolls et des crudités; prendre une salade au buffet; manger plus de pain et de légumes et diminuer la quantité de viande et d’en-cas.
En ce qui concerne l’activité physique, 77% des chauffeurs concernés sont parvenus à faire de l’exercice pendant au moins 30 minutes chaque jour. Pour ce faire, ils ont privilégié les activités généralement pratiquées lors de leur temps libre (marcher ou prendre le vélo pour aller acheter du pain, faire une promenade en famille à pied ou à vélo, ou encore travailler dans le jardin).


Basé sur un article de Ellie Maerevoet

(1) L’étude de la "Katholieke Hogeschool Kempen" sur l’apnée du sommeil chez les chauffeurs de poids lourds en Campine 2004-2008 est basée sur l’analyse des habitudes alimentaires, du niveau d’activité physique et d’une étude du sommeil. Elle contient une évaluation des conseils préventifs et thérapeutiques fournis.
(2)Selon le VIGEZ, l’Institut flamand pour la promotion de la santé et la prévention des maladies, pour être en bonne santé, les adultes devraient exercer une activité physique quotidienne d’au moins 30 minutes. Cet exercice peut être réparti sur la journée, avec un minimum de dix minutes par séance d’exercice. La durée et l’intensité de l’exercice peuvent varier : 30 minutes de promenade ou de vélo équivalent à 15 minutes de course à pied. Une sortie à vélo de trente minutes peut également être remplacée par deux séances quotidiennes de 15 minutes (pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail par exemple).

: PreventActua 10/2009