Grippe mexicaine: dangers et mesures

Depuis l’apparition des premiers cas de grippe mexicaine le mois dernier, le monde entier, craignant la pandémie, est sur pied de guerre. Faut-il s’inquiéter? Quelles mesures les employeurs et conseillers en prévention peuvent-ils prendre? Voici une réponse à ces questions.
Quoi?
La grippe mexicaine a été détectée au Mexique pour la première fois le 18 mars 2009. Cette maladie est causée par un virus contenant, dans une combinaison qui n’a encore jamais été observée, des gènes d’origine porcine, aviaire et humaine. Ce virus ne se transmet pas en mangeant du porc ou des produits dérivés du porc, car le virus de l’animal ne survit pas à la cuisson. Bien qu’elle ait été appelée "grippe porcine" au début de l’épidémie, l’Organisation Mondiale de Santé préfère désormais la dénomination "grippe mexicaine" ou "influenza A (H1N1)".

Symptômes
Les symptômes sont habituellement semblables aux symptômes de la grippe saisonnière, c'est-à-dire une poussée de fièvre soudaine, des douleurs musculaires, de la fatigue et des symptômes respiratoires pouvant s’accompagner de diarrhée et de malaise général. La seule différence est que les conséquences peuvent être plus graves. Dans certains cas, la grippe mexicaine peut même être mortelle. Elle se transmet par voix aérienne (toux, éternuements) et dans une moindre mesure par contact avec les objets contaminés (poignées de porte, transports en commun,…). On ne sait pas encore quel est exactement le temps d’incubation mais, selon certaines recherches, la personne affectée pourrait en contaminer d’autres un jour avant de présenter les premiers symptômes. Il n’y a pas encore un vaccin contre la maladie, mais les tests effectués ont démontré l’efficacité des antiviraux classiques.

Incidence
Lors de la mise sous presse de ce numéro, aucun cas de grippe mexicaine n’avait été confirmé en Belgique. Dans le monde, quelques miliers de personnes sont atteintes, mais le nombre de morts reste encore limité. La meilleure façon d’endiguer la grippe mexicaine est de prendre des mesures pour limiter la contagion (comme le placement en quarantaine, par exemple).
La commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, déconseille aux voyageurs de se rendre dans les zones où règne l’infection. L'Organisation mondiale de la santé, qui ne veut pas prendre de risques, a décrété le passage à la phase 5 (la phase 6 étant la phase de vigilance ultime en cas de pandémie). La phase 5 a été déclenchée car le nombre de personnes malades augmente. Les transmissions interhumaines restent cependant géographiquement limitées. Cette phase se traduit par une mobilisation accrue de toutes les nations et la prise de mesures préventives (répartition de médicaments entre les différentes pharmacies; production intensive de médicaments,…). En Belgique, des dépliants sont distribués dans les aéroports et les personnes présentant les symptômes de la grippe sont invitées à consulter un médecin.

Les entreprises
A partir de quand les entreprises devraient-elles songer à mettre en place des mesures préventives? Il est évident que les entreprises uniquement actives en Belgique ne sont pas concernées par la grippe mexicaine au même degré que celles dont les travailleurs sont fréquemment appelés à voyager à l’étranger. Les entreprises dont les travailleurs sont continuellement en contact avec le public pourraient également envisager la mise en œuvre de mesures préventives.

S’informer
Le commissariat interministériel Influenza conseille aux conseillers en prévention, médecins de travail et entreprises de s’informer sur la grippe mexicaine. Toutes les informations sur le développement de la maladie et les mesures de précaution sont disponibles sur le site du commissariat: www.influenza.be.
Les entreprises peuvent aussi demander aux conseillers en prévention ou au médecin du travail d’informer le personnel sur la maladie, les dangers et les mesures de prévention.

Voyager vers des régions à risque
Avant d’envoyer des travailleurs dans des régions à risque, les entreprises peuvent prendre en compte les éléments suivants:
- caractère impérieux du voyage/faisabilité d’un report éventuel;
- raccourcissement de la durée du séjour;
- limitation du nombre de travailleurs.
Les travailleurs se rendant dans des régions à risque accru doivent aussi être informés sur les mesures d’hygiène. Se laver régulièrement les mains, tenir un mouchoir sur la bouche quand on tousse ou éternue, porter un masque, sont des mesures qui réduisent déjà considérablement le risque.

En revenir
Au retour, un dépistage par le biais d’un entretien, d’un questionnaire ou d’un examen médical est recommandé. Il est également conseillé de demander au médecin du travail d’assurer un suivi médical afin de pouvoir prendre les mesures adéquates en cas de contagion. Si un médecin (ou un médecin du travail) constate qu’une personne est atteinte, il doit prendre contact le plus rapidement possible avec l’inspection de la santé pour déterminer les mesures qui s’imposent afin d’isoler la personne malade.

Continuité des activités
Il est important que les entreprises se préparent – à l’instar des pouvoirs publics – à une pandémie éventuelle en définissant les mesures nécessaires à la continuité des activités et/ou la protection des installations, processus et services. En effet, si une pandémie se produisait, outre les inévitables absences au travail, les entreprises pourraient éventuellement être confrontées à une pénurie d’approvisionnement de la part de leurs fournisseurs habituels, etc. Dans le pire des cas, les entreprises imprévoyantes risqueraient d’engendrer une crise économique de grande ampleur. C’est pourquoi il est conseillé de:
- vérifier si le plan d’urgence de l’entreprise prévoit des procédures visant la protection des installations et des processus; les examiner et les adapter si nécessaire;
- identifier les tâches et fonctions indispensables à la continuité des activités et prévoir des possibilités de remplacement (internes ou externes) pour ces fonctions/tâches critiques;
- mettre au point des procédures de transmission des informations et instructions.

Sur son site (rubrique Grippe A/H1N1; Publications), le commissariat Influenza présente une liste de contrôle destinée à faciliter l’élaboration d’un plan de continuité des activités (Business continuity planning). La liste des éléments à prendre en considération est répartie en cinq grands thèmes: réduire l’impact de la pandémie sur le travail; protéger la santé du personnel; élaborer les politiques à mettre en œuvre en cas de pandémie de grippe; assurer une formation et une communication adéquates, coordonner ses actions en interne, avec les organisations externes et les autorités publiques.

Plus d’informations: www.influenza.be; www.who.int
: PreventActua