Fluxys : une politique stricte pour l’utilisation des EPI

Le gestionnaire de l'infrastructure de transport de gaz naturel Fluxys a élaboré une politique stricte pour l’utilisation des équipements de protection individuelle (EPI), afin que chaque travailleur sache ce qu'il doit faire au début de sa journée. "Chaque nouvelle demande va de pair avec une analyse des risques. Ce n’est que lorsque d’autres mesures de prévention ne sont vraiment pas envisageables que je peux autoriser le recours aux EPI", explique Pierre-Yves Bouvy, conseiller en prévention.

Analyse des risques préliminaire
Fluxys base sa politique EPI sur une analyse des risques de toutes les tâches, comme le prévoit la législation. "Nous donnons priorité à la hiérarchie de prévention", explique Pierre-Yves Bouvy. Il convient d’abord de voir si le risque peut être éliminé et/ou si un processus de travail moins dangereux peut être appliqué. Si c’est impossible, des mesures de protection collective sont mises en œuvre et/ou des avertissements sont installés. Les EPI ne sont utilisés qu’en tout dernier recours. "Lorsque je reçois une demande pour des EPI, je veux savoir pourquoi", ajoute Pierre-Yves. "Une telle demande fait toujours l’objet d’une analyse approfondie. Nous pouvons également effectuer des comparaisons avec d’autres départements. Si, dans un département donné, aucun EPI n’est utilisé pour la même tâche parce que d'autres mesures de prévention sont mises en place, nous voyons avec le demandeur s’il peut éventuellement appliquer les mêmes pratiques. Il peut aussi arriver qu'une demande soit refusée mais c'est exceptionnel parce que la plupart des demandes sont suffisamment fondées. Enfin, une demande ne sera approuvée qu'à la condition que les autres mesures soient prises".
 
EPI liés au lieu et à la tâche
Il va sans dire que l’utilisation de certains EPI est clairement définie. Pour éviter toute discussion, Fluxys distingue les EPI liés au lieu et les EPI liés à la tâche. "Dans les installations techniques, dans les installations de gaz clôturées et sur les chantiers, il faut toujours porter un casque, des lunettes de sécurité et des chaussures hautes de sécurité", précise Pierre-Yves. "Des dérogations sont possibles dans les ateliers ou les entrepôts mais dans ce cas, des pictogrammes l’indiquent clairement." Pour les tâches récurrentes, Fluxys a défini des EPI liés aux tâches. "Pour ces tâches, nous rédigeons des fiches d’instructions, qui spécifient, entre autres, les EPI à porter", explique le conseiller en prévention. Pour les tâches n’ayant qu’un caractère sporadique, une analyse des risques, qui permet de déterminer les EPI nécessaires, est réalisée à chaque fois.
"Les mêmes règles s’appliquent aux sous-traitants", explique Pierre-Yves Bouvy. "Leur contrat spécifie les EPI à porter en fonction de la tâche et/ou du lieu."
 
Contrôle
La ligne hiérarchique est responsable du contrôle du port correct et de la bonne utilisation des EPI. "Les collègues entre eux ont également un rôle à jouer", ajoute Pierre-Yves Bouvy. "Des tournées de sécurité sont également organisées. Lors de ces tournées, les dirigeants considèrent la sécurité sous un autre angle. Ils consignent sur un formulaire ce qui va bien et ce qui peut être amélioré. Un responsable est désigné pour les actions à entreprendre. L’utilisation des EPI peut également être contrôlée lors de ces tournées."
L’objectif est de faire en sorte que tout le monde donne le bon exemple. D’après Pierre-Yves Bouvy, cette mentalité est déjà intégrée au sein de Fluxys.
 
Politique d’achat des nouveaux EPI
D’après la législation, les mesures de prévention doivent être régulièrement modifiées, en fonction des techniques développées. Il en va de même pour les EPI. Ajoutons à cela que certains EPI ne sont plus commercialisés et qu’il faut donc leur trouver une alternative. Le service de prévention et de protection interne (SIPP) de Fluxys effectue régulièrement une étude du marché et les fournisseurs sont invités à présenter leurs nouveaux EPI.
"Nous sélectionnons les EPI que nous voulons tester et nous les proposons au comité de prévention et de protection au travail", explique Pierre-Yves. Par la suite, un groupe cible qui testera ces EPI pendant trois mois est désigné. Les testeurs évaluent les EPI à l’aide d’un formulaire reprenant plusieurs critères. Le SIPP effectue, sur la base de ces évaluations, une analyse, qui est présentée au comité pour avis.
 
Entretien
L’entretien des EPI est suivi de très près. Certains EPI, comme les harnais antichute, doivent obligatoirement être vérifiés par un organisme de contrôle. Pour d’autres, il existe une date d’échéance, et pour d’autres encore, la fiche d’instructions fournie par le fabricant indique comment contrôler le bon état de l’EPI. "Cette fiche d’instructions est à tout moment disponible sur notre intranet", précise Pierre-Yves. "Pour certains EPI, nous avons fixé nous-mêmes une date d’échéance. Nous remplaçons par exemple nos casques tous les cinq ans. Mais s'ils sont par exemple endommagés, ils sont remplacés plus tôt."
Les vêtements de sécurité sont lavés par une entreprise spécialisée, conformément au cahier des charges. "Avant de procéder à l’achat de ces vêtements, nous les testons afin de voir s’ils peuvent résister à de nombreux lavages. Pour les vêtements de signalisation, c’est particulièrement important. En effet, le but n’est pas qu’ils ne soient plus réfléchissants après cinq lavages…"
 
Système autorégulant
Fluxys est fière de respecter scrupuleusement la législation grâce à sa politique sur l’utilisation des EPI. "Les EPI sont toujours, chez nous, le dernier moyen de protection", explique encore Pierre-Yves. "Nous suivons le principe de la préparation du travail: le lieu, le matériel nécessaire, l’analyse des risques, la méthode d’exécution, la définition des moments dangereux, etc."
D’après Pierre-Yves, les travailleurs sont les principaux responsables de la réussite de la politique EPI. "Ce système se régule de lui-même, car le respect des procédures est inhérent au comportement de chacun de nos collaborateurs. Celui qui ne respecte pas les règles sera rapidement rappelé à l’ordre par ses collègues. J’en suis convaincu."
 
À propos de Fluxys
En tant que gestionnaire indépendant de l'infrastructure de transport de gaz naturel en Belgique, Fluxys emploie quelque 1.000 personnes en Belgique. Près de la moitié travaille au siège, à Bruxelles. L’autre moitié travaille dans les secteurs d’exploitation régionaux, le centre d’intervention, le terminal LNG (Liquefied Natural Gas), les installations de stockage et les stations de compression. Les 4.100 kilomètres de conduites gérés par Fluxys sont raccordés à 300 points de livraison. Il existe en Belgique cinq stations de compression (Weelde, Winksele, Berneau, Sinsin et Zelzate), quatre stations de mélange (Lillo, Loenhout, Ville-sur-Haine et Warnant-Dreye) et 180 stations de réduction de la pression. La station de stockage de gaz naturel de Loenhout peut stocker jusqu’à 700 millions de m3 de gaz naturel. Fluxys dispose également d’un terminal LNG  à Zeebrugge.
 
 
 
: PreventFocus 06/2013