Absentéisme en hausse: il faudrait une meilleure politique de prévention

Une enquête menée par le prestataire de services RH Acerta révèle une hausse de l’absentéisme entre 2011 et 2015. Adopter une bonne politique de prévention de l’absentéisme et de réintégration des malades de longue durée devient plus nécessaire que jamais.

Absences de courte et de longue durée
En 2015, l’absentéisme a subi une hausse de 3% par rapport à 2011. Selon leur durée, les périodes de maladie ont un impact différent sur les collègues, l’entreprise et l’économie. L’enquête d’Acerta différencie donc les absences de courte durée (période de moins d’un mois pendant laquelle le travailleur perçoit un salaire garanti versé par l’employeur) et de longue durée (maladie couvrant une période de 1 à 12 mois).

Plus d’absentéisme dans les grandes entreprises
L’enquête révèle que, indépendamment de la durée de l’absentéisme pour maladie, la taille de l’organisme constitue un facteur important. Plus l’entreprise dans laquelle l’on travaille est petite, plus le risque d’absence pour cause de maladie est faible: si l’absentéisme de courte durée s’élève à 4% dans les entreprises comptant moins de 5 travailleurs, il atteint 9,5% dans les entreprises de plus d’un millier de travailleurs.
L’absentéisme de longue durée suit la même tendance: il augmente au fur et à mesure que la taille de l’entreprise s’agrandit. 

Groupe à risque: catégorie d’âge des 28-53 ans
Les groupes à risque traditionnels continuent à se situer dans la catégorie d’âge des 28-53 ans mais l’on note une forte hausse (augmentation de 20% par rapport à 2011) de l’absentéisme pour maladie de courte durée dans la catégorie d’âge des 23-28 ans. L’absentéisme pour maladie de courte durée diminue chez les travailleurs âgés de plus de 48 ans.

Plus d’ouvriers malades que d’employés
Sur l’ensemble des épisodes d’absentéisme pour maladie, on compte deux fois plus d’ouvriers absents que d’employés: en 2015, sur base quotidienne, 10 ouvriers sur 100 au sein d’une entreprise étaient absents, alors que ce chiffre était de 5 sur 100 chez les employés. Il s’agit, par rapport à 2011, d’une augmentation de 10% pour les ouvriers et de 12% pour les employés.

Politique en matière d’absentéisme
Une bonne politique en matière d’absentéisme pour maladie peut réduire le nombre d’absences à court et long terme. Quelles en seraient les principales caractéristiques?

Impliquer les travailleurs
Dans de très grandes entreprises, en raison de leur taille par rapport à l’individu, les travailleurs se sentent moins impliqués dans l’entreprise qui les occupe. Les grandes entreprises qui parviennent à favoriser le sentiment d’implication de leurs travailleurs dans leurs activités et qui font croître l’esprit d’entreprise de leurs travailleurs et dirigeants pourront rapidement en constater les effets positifs sur leur taux d’absentéisme. C’est pourquoi, idéalement, l’absentéisme pour maladie devrait s’inscrire dans le cadre de la politique de l’entreprise. Cette approche positive, visant à accroître le dynamisme au sein de l’entreprise, vise à augmenter l’implication et l’employabilité des travailleurs.

Maintenir le contact avec les malades de longue durée
Il ne faut pas négliger la réinsertion des malades de longue durée. Pour favoriser la réinsertion d’un travailleur, l’employeur devrait garder des contacts réguliers avec le malade, et ce dès le premier mois d’absence.
En règle générale, même si le travailleur n’est absent que quelques jours, il est important que les dirigeants s’informent par la suite de son état de santé avec une réelle préoccupation.

Etablir des procédures claires
L’employeur doit introduire des procédures strictes à suivre dans le cadre des absences pour cause de maladie réduire l’absentéisme pour maladie dans son entreprise: quel dirigeant faut-il informer et de quelle manière? Comment les collègues peuvent-ils prendre le travail de l’absent en charge?

Détection des signes avant-coureurs
Mais, pour éviter une absence de longue durée, il est encore plus intéressant d’introduire une procédure pour en détecter les signes avant-coureurs. Si la récente proposition de la ministre de la Santé, Maggie De Block, est adoptée, cette prévention deviendra d'ailleurs essentielle. En effet, dans le cadre de cette proposition, les employeurs devraient payer jusqu’à 10% des allocations entre le deuxième et le septième mois de maladie.

Malades de longue durée
Depuis début octobre 2016, les malades de longue durée se voient adresser un questionnaire officiel dans le mois qui suit le début de leur absence. Les réponses au questionnaire permettent de voir, en collaboration avec le médecin-conseil, si les malades peuvent être remis au travail et si oui, de quelle manière.
Depuis le mois d’octobre, l’INAMI examine de manière plus stricte les dossiers des malades de longue durée, absents plus d’un an, afin de vérifier s’ils sont réellement en incapacité de travail. Ce changement s’inscrit dans le cadre de la proposition de la ministre de la Santé visant à inciter les travailleurs à reprendre le travail après une longue absence en suivant un parcours de réinsertion. À l’avenir, les malades de longue durée qui, de l’avis des médecins, sont encore capables de travailler seront soutenus lors de la reprise du travail (éventuellement un travail adapté).

Source: acerta.be

: PreventActua 21/2016